Choisir un dojo dans le monde de l'Aïkido marketing.

Publié le par DM

Dans la pensée japonaise ancienne le monde était perçu comme composé de personnes intelligentes et des imbéciles, des bons et des méchants - bref, des individus variés. C'est pourquoi, les écoles - notamment religieuses, dont le rôle est de guider les gens - devaient être multipliées afin de se conformer à cette diversité. Considérer sa propre école comme absolue est ce qu'il y a de plus redoutable, puisque cette attitude monomaniaque ne peut englober la variété de la population, et que l'exclusion laisserait trop de gens sur le bord de la route

Une quantité pléthorique d'associations, fédérations ou écoles s'approprient l'Aïkido, chacune s'évertuant à démontrer qu'elle est la détentrice de la vérité. Parfois beaucoup de temps passé à justifier une structure : Publication d'ouvrages, sites internet, tract publicitaire...comment s'y retrouver ?
Les argumentaires de bases sont en règle générale très pauvres : attitudes très tranchées  « nous sommes les seuls à... » -  sous entendu notre enseignement est le seul à être authentique. -, tout comme les arguments du type - « nous sommes majoritaires, reconnus, etc. » - sous entendu n'allez pas chercher plus loin -  
Petit tour d'horizon et tentative de décryptage pour éviter de prendre des vessies pour des lanternes.


L'Aïkido est dans l'ère du marketing. Livres, sites internet, tract publicitaire, le lecteur, supposé être pratiquant ou pratiquant potentiel, est placé dans une situation de non-sachant, rien ne met en éveil son esprit critique et sa curiosité : en règle générale lui sont exposés des faits et des démonstrations qui ne peuvent être remises en cause. Lorsqu'aucun lien entre les différentes composantes de la pratique n'est proposé, le lecteur-aïkidoka, devient potentiellement captif. Presque tous ces écrits servent la promotion d'une structure où l'on trouve fréquemment au sommet de la pyramide un individu déclaré comme le maître. Paradoxalement (?) ce sont les enseignants occidentaux qui sont coutumiers de ce type de dérives ;  il est vrai, que dans le domaine des arts orientaux,  il est difficile d'asseoir une crédibilité lorsqu'on n'est pas d'origine asiatique. Pour appuyer cette tentative de crédibilité la tentation est grande de travestir à son avantage la réalité : le maître à toujours reçu le seul et véritable enseignement authentique, il est le seul à proposer un enseignement  conforme à celui du fondateur et bien entendu tout ce qui est écrit vient corroborer ses affirmations.
La publication d'un livre en vente dans les grands circuits de distribution devient une consécration, une ligne supplémentaire à ajouter à la carte de visite ou sur un tract publicitaire où se côtoient des références de toutes origines, du diplôme d'état  au grade de telles ou telles écoles Japonaises dont l'existence même reste  parfois à démontrer.
Que peut-on en conclure ?
Pour faire un premier tri, il faut faire preuve d'un peu de bon sens en limitant les critères de choix .au mode de fonctionnement proposé.
-    Aucun argument justifiant une non transparence dans le fonctionnement d'un dojo et sa structure chapeau - école, fédération, ...-  n'est recevable. Tout pratiquant a le droit de savoir comment est utilisé le montant de sa cotisation et ce de manière régulière. C'est un pré requis pour aller plus loin.
Il faut savoir que le montant de  l'assurance qui est incluse dans la « licence » coûte au maximum 10€, le reste sert au fonctionnement de la structure chapeau.

-    Sortir du schéma un enseignement de qualité ne peut pas être bon marché : tout dépend du statut du professeur et des conditions d'occupation du dojo (location ou mise à disposition par une municipalité)

Pour le reste, la difficulté consiste à se laisser porter par l'enseignement proposé, lâcher prise sans perdre son esprit critique. Il y a de bons et de moins bons professeurs partout, dans toutes les écoles. Un enseignement c'est la transmission d'une expérience d'un individu vers autre individu. La confiance qui  doit s'instaurer n'est pas exempte de contrôle, il faut de temps à autre faire un point objectif, poser régulièrement les bonnes ou les moins bonnes questions  - y a t-il des réponses concrètes ? Sont-elles cohérentes ?
Quelques points qui méritent réflexions :
-    L'étiquette, le rituel sont utilisés comme  alibi pour instaurer des relations anormalement hiérarchisées professeur  « maître » / élève et Ancien / débutant.
Le professeur ne répond pas aux questions. Il instaure un cours où il ne donne pas d'explication sous couvert d'enseignement « à la japonaise ». Il ne pratique jamais avec les débutants.
Les anciens et les débutants ne pratiquent pas ensemble - cours spécifiques pour débutants -
Une poignée d'ancien sert d'écran pour relayer « la bonne parole », le professeur est placé sur un piédestal.

-    La partie qui concerne réellement l'enseignement de l'aïkido est très réduite.
Séances de chutes interminables.
Amalgame  permanant avec d'autres arts orientaux (jusqu'à création de nouvelles disciplines, Taïkido, .....)

-    La pratique des armes n'est jamais intégrée dans le cours, ou réservée aux plus anciens, voire est l'objet de cours spécifiques (payants).
-    L'obtention de grade devient l'objet de la pratique, bachotage pour apprendre une série de techniques pour réussir des examens.

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Publié dans AIKI Aperçus

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